Formé en 2015, le groupe parisien Assent a sorti, en ce début d’année, son premier EP intitulé We are the New Black. Mélodique, agressif et groovy, ce premier effort de six titres ne laissera pas indifférents les passionnés en quête de métal progressif.

Dotée de différentes scènes locales très actives, la France ne manque pas de musiciens dévoués à la cause métal et enchaînant les projets musicaux. Ainsi, à peine l’aventure Human Vacuum terminée, Aurel Fouet-Barak montait GrooveCorps et surtout Assent.  Fondé avec Grégoire Debord (ex-Netfastcore), ce nouveau groupe assume un métal progressif aux influences variées et bien difficile à identifier.

À l’image de la pochette aussi sombre que lumineuse, l’introduction, interprétée par des cordes, laisse l’auditeur pénétrer dans l’univers particulier de cette nouvelle formation francilienne. « We are the New Black » entame les hostilités. Tout de suite, la voix caractéristique du chanteur se fait reconnaître. Colérique et hargneuse, celle-ci est toujours contrastée par la volonté de varier les plaisirs grâce à l’utilisation du chant clair. Énervés, rentre dedans mais sans être véritablement brutaux, les riffs sont entraînants et possèdent une dimension captivante (« Reaching Out »). S’il est difficile de vraiment saisir à quoi pourrait ressembler la musique du combo, des parties vocales plus « punkisantes » se décèlent aux côtés d’influences progressives (« A Part of Me »).

Les titres s’enchaînent rapidement et un temps d’accalmie bien senti se présente avec « Remain to Darkness », morceau le plus intéressant et riche du disque. Adoucissant la teneur musicale, une introduction au piano et un pont en guitare clean côtoient à la fois les riffs les plus lourds du disque et un chant guttural puissant, ajoutant ainsi une touche death metal à l’ensemble. Un solo aux belles envolées viendra finalement s’ajouter en fin de chanson. Le contraste est donc réussi et, à la suite de ces sombres ambiances, « Insomnia » clôt ce voyage proposé par Assent. Autre moment fort du disque, les rythmiques rapides et incisives s’alternent avec des parties où les chœurs apportent une légèreté et une dynamique enivrantes. Quelques breaks permettront finalement aux aficionados de se délier la nuque en concert.

En somme, il est toujours difficile de juger de la qualité d’une formation à travers un seul EP. Cinq titres (sans compter l’intro), vingt trois minutes, c’est court, très court, surtout lorsqu’on se laisse prendre au jeu. Si ces musiciens sont expérimentés et ont des choses à exprimer, il apparaît néanmoins que, grâce à des chansons plus riches et des ambiances mieux maîtrisées, la seconde moitié de ce We are the New Black est plus efficace. Enfin, l’EP est disponible dans son intégralité sur le net. Libre donc à vous de découvrir ce qu’Assent a dans le ventre !