Vivre dans les bois. Jusqu’où est-ce une bonne idée ?

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Captain Fantastic est le second long métrage de Matt Ross habitué des séries comme Silicon Valley.

Ça parle de quoi ?

Captain Fantastic, c’est de l’histoire de Ben qui a fait le choix d’un mode de vie alternatif pour élever ses enfants. Vivant en quasi-autarcie, leurs habitudes vont être bouleversées lorsque Claire, la mère meurt. Même si ils sont non-invités par le père de la défunte, ils vont devoir quitter la forêt dans laquelle ils vivent pour se rendre aux funérailles. C’est en se confrontant à la société que le mode de vie de la famille va être remis en question.

Avec la mise en scène de la confrontation entre la troupe vivant en pleine forêt et la société, Captain Fantastic questionne beaucoup de concepts et de constructions sociales. D’ailleurs, c’est pour cela que le film est beau. Le questionnement se fait sans tomber dans une sur-réflexion des différentes éducations que l’on impose aux enfants. Ainsi même si les enfants on des propos pointus, le film ne s’alourdit pas d’un trop plein de réflexions psychologiques. Le ton du film est à l’image du père Ben, joué par Viggo Mortensen qui nous touche avec sa franchise qui frôle par moment la naïveté.

Paradoxalement, ce sont les enfants qui semblent être le plus proche de la réalité de notre monde. Ainsi, Bo, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai ressemblent plus à des mini-adultes qu’à des enfants. Par ailleurs, saluons le jeu de George Mackay qui incarne Bo, à suivre de près dans ses prochains films : Where Hands Touch, Marrowbone, et Ghost Stories. Saluons également le jeu de Samantha Isler dans le rôle de Kielyr et  celui Annalise Basso pour Vespyr. Ce duo d’actrices réussi à dépeindre une relation juste et forte entre ces deux sœurs.

Au final…

Les films sur la famille ont tendance à tourner autour du même sujet. Comment s’y prendre pour donner le meilleur à nos enfants ? Comment définir ce « meilleur » qu’il nous tient tant à cœur de leur transmettre ? Si les choix de Ben sont compréhensibles, faut-il pour autant révoquer les autres modes d’éducation ? Ainsi, le road trip que Ben et sa famille entament vers les funérailles devient un voyage pour trouver l’équilibre entre son envie d’éducation et les obligations de la société.

Captain Fantastic pose donc la question de la préservation des nos idéaux face aux réalités du monde. C’est un film tendre, débordant de sentiments sans jamais tomber dans l’excès de pathos. Aller voir ce film c’est également l’occasion de donner du sens aux paroles de Sweet Child O Mine dont le film présente une reprise très inspirée.

Avec Viggo Mortensen en hippie plein d’amour et de fausses notes, Captain Fantastic est un long métrage qui nous fait du bien. Parce qu’il nous montre que certaines erreurs peuvent être réparées.