Les métalleux, lecteurs assidus de Naked Society, ont déjà vu le nom de Creeping Fear apparaître dans nos lignes. Après l’EP World Execution datant de 2011, ce groupe francilien de death metal a sorti, début mars, son premier album Onward to Apocalypse. Près de trois quarts d’heure de brutalité qui raviront les adeptes de la scène américaine.

Creeping Fear, c’est d’abord un quatuor que l’on aura découvert en live. Gibus Café, Cirque Électrique, Kave Fest : nombreux sont les lieux où l’on a pu voir la formation défendre son œuvre avec plus ou moins de réussite. À chaque fois, le même rituel, l’EP World Execution tournait en boucle en guise d’échauffement pour ces concerts. Commençant à dater, c’est donc avec grand plaisir qu’on se voit écrire quelques lignes au sujet de son successeur, et néanmoins efficace, Onward to Apocalypse

Une fois le disque inséré, après quelques secondes introductives, tous les éléments caractéristiques de l’album de Creeping Fear sont réunis. Blasts, voix gutturale, bend, soli quelque peu dissonants, changements de rythmes : c’est bien une œuvre inspirée par le death metal old school qui se met à crasher des enceintes. Les influences de groupes américains comme Suffocation ou Dying Fetus ne sont pas bien loin. L’effet produit est alors celui d’une immersion dans un univers fait de violence pure, rendant l’atmosphère indigeste pour le profane.

Intérêt pour ce registre métallique et curiosité ou volonté d’entendre, dans sa version studio, la concrétisation d’un long travail effectué par le groupe, seront donc les motivations nécessaires pour écouter de la première à la dernière seconde Onward to Apocalypse. Sans être forcément adepte du genre et en admettant qu’un concert de Deacapited, Nile ou Cannibal Corpse fait toujours du bien par là où ça passe, force est de reconnaître que Creeping Fear fait bien les choses. D’abord, le son est impeccable. Enregistré au studio Sainte Marthe par Francis Caste, une personne d’expérience, quelques finesses transparaissent dans les compositions lorsqu’on y prête l’oreille. D’autre part, certains titres de l’album ravivent des souvenirs de concert…. « Divine Casualties » ou « Swallowed by Death » s’avèrent véritablement efficaces, que ce soit par leur groove, leur soli dans la pure tradition du genre ou dans leur capacité à changer de rythme. Enfin, Onward to Apocalypse dévoile quelques pistes intéressantes pour le futur du groupe. « Trenches of Desolation » et l’ultime « Disposable Existence » proposent des parties plus mélodiques, permettant d’alléger et d’aérer l’ensemble du disque, le rendant ainsi moins dense.

En somme, les groupes phares du genre ont fait des émules outre Atlantique. Parmi eux : Creeping Fear s’impose, avec Onward to Apocalypse, comme l’un des fiers représentants de ce style. Les allergiques à la violence pure et brute s’abstiendront tandis que les amateurs apprécieront.

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