Formé en 2012 à la suite d’un projet de grindcore, Ethmebb est un groupe de death metal mélodique aux influences folk et progressives. Entre humour et recherche d’authenticité, le quatuor francilien s’apprête à livrer, en ce début d’année 2017, son premier album intitulé La Quête du Saint Grind.

On avait découvert la formation lors de l’édition 2015 du Headbang Contest. Charmé par la musique proposée, c’était avec plaisir qu’on les retrouvait, à la fin de cette même année, au Gibus Café en compagnie de Here Comes A New Challenger. Ce show dantesque avait vu s’opposer un chevalier face à pirate ! Lassé d’écumer le bandcamp d’Ethmebb pour se replonger dans l’épopée métallique de Tathor, qui nous est parvenue grâce à un barde témoin de ses aventures, on attendait avec impatience la sortie de ce premier disque. Disons le tout de suite, l’attente en valait la chandelle !

Dès les premières minutes, l’introduction grandiloquente nous plonge dans l’univers du groupe. Celui-ci est illustré par Nicolas Dubuisson et résume assez bien le propos. Durant cette quête du grind dont l’objectif est que le héros retrouve sa puissance phallique, Tathor rencontrera un ogre joueur de poker, des pirates en mal de succès ou encore un sorcier africain. En somme, tel un bon gros nanar musical, cette aventure sera faite de bastons et de parties de jambes en l’air… Interprété par Rémi Molette et ses acolytes Victor Tunidjah et François Santenoff, le récit du barde ne se distingue pas par sa qualité littéraire. Néanmoins, usant du français, parfois de l’anglais ou de l’ogre ancien, ces paroliers polyglottes ont le mérite de nous plonger facilement dans un univers aussi épique que déjanté ou rocambolesque. Ces premiers contacts avec l’œuvre du combo pourront donc rebuter les plus faibles mais, force est d’avouer que, le groupe tire son épingle du jeu grâce à une musique extrêmement riche et diversifiée. Ethmebb ne se pose pas de limite et donne l’impression d’un collectif dont la volonté est d’exploiter, sans compromis, chacune de ses influences, allant du death metal à Patrick Sebastien en passant par des éléments plus folk ou dansants.

Musicalement, l’ombre du death mélodique nordique (« Lost my Grind ») côtoie donc d’autres inspirations folk metal comme sur « Pirates of the Caribou », dont les paroles suintent le gore du grind et la taverne de flibustiers bourrés. Ainsi, certains passages peuvent évoquer les Finlandais Ensiferum. Dans un registre death / black, le chant principal est bien assumé et se retrouve parfois appuyé par des chœurs en voix claires. Le rendu est plutôt étrange, pas forcément plaisant, mais reflète une volonté de ne pas s’enfermer et, peut être, d’une envie de se foutre d’une quelconque recherche de lyrisme parfait… De plus, la longueur des compositions permet aux guitaristes de s’exprimer de manière très réussie. Si certains passages aériens deviennent vraiment épiques grâce aux arrangements, les soli aux grandes envolées sont enivrants, techniques et enrichissent véritablement les titres (« GPS : Gobelin par Satellite », « À la recherche de la découverte de la quête pour retrouver le Saint Grind »). Pour conclure cette histoire, la fin grandiose de « Bruce Lee Mena l’Amour » fera digérer toutes ces émotions et donnera l’impression que ces soixante minutes de récits héroïques sont passées bien vite…

Cette galette est donc un premier effort très intéressant et plaisant. Les quatre musiciens explorent de nombreuses pistes musicales qui, avec le temps, déboucheront sur la confection d’une identité originale et singulière. Certains pans de leur monde freineront les puristes mais Ethmebb nous embarque, sans se poser de question et grâce à de nombreuses ambiances, dans un univers aussi drôle lyriquement que sincère musicalement. En somme, le groupe tente des choses, explore un concept et c’est foutrement plaisant !

Pour info, la release party aura lieu le 21 janvier, à la Boule Noire, en compagnie de Nydvind, Gargantua et Kosmik Monkeys. Retrouve toutes les infos ici !