Après le Download et le Hellfest, le marathon des festivals métal se poursuivait dans la paisible ville de Chatou (Yvelines). Pour cette première édition de la Kave Fest, l’objectif était de réunir des formations actives issues de la scène francilienne. Invité à l’événement, c’est avec plaisir que Naked Society se charge de rapporter quelques images et autres mots doux…

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Arrivés sur les lieux en début d’après-midi, un colosse portant un brassard sécurité attend les festivaliers devant le portail en fer de la maison accueillant l’initiative. Après une fouille minutieuse des sacs, c’est avec surprise que l’on s’engouffre dans le jardin, futur terrain de jeu des métalleux. Progressivement, alors que le soleil tape, le lieu se dévoile et les premières odeurs de braise se font sentir. Il s’agit du jardin d’un particulier aménagé pour l’occasion. Un canapé de fortune est installé, la pissotière est floquée du signe du fest et les arbres sont décorés par de jolis sacs poubelles. Ce sera une journée entre copains placée sous le signe de la convivialité !

Du groupe confirmé comme The Dali Thundering Concept à d’autres plus underground, il y en aura pour tous les goûts aujourd’hui et la fureur des guitares électriques rythmera, de 15h à 22h, la vie des riverains catoviens. Une petite estrade servira de scène pour les sept formations se succédant. Les quelques dizaines de spectateurs déjà présents patienteront tranquillement alors que de la musique s’extirpent d’enceintes disposées de part et d’autres de la scène, dont une accrochée à un arbre ! L’impatience et la curiosité gagneront progressivement l’assemblée avant que les concerts ne débutent.

15h. Icon of Destruction ouvrent enfin les hostilités sous un soleil de plomb. Déjà aperçu à plusieurs reprises lors du Headbang Contest, on appréciera leur death mélodique dont les touches de claviers apportent une dimension parfois épique. Malgré un faux départ lors d’un titre, ils instaureront la bonne ambiance et, durant « The Eyeless », le guitariste ira se balader dans le pit. Malheureusement, et bien que cela apporte un charme et une originalité certaine à l’événement, on regrettera le faible volume dégagé par les baffles. Après trente minutes de prestation, les musiciens céderont la place à Irrepressible Wrath. Revendiquant sur leur page facebook des influences comme One Direction ou Colonel Reyel, le quintet balancera naturellement un deathcore énergique. La basse sera forte, la voix puissante et, sur scène, les chorégraphies propres au genre seront connues. Ils n’hésiteront pas à headbanguer et auront eu le mérite de délier quelques nuques dans le pit. Pour notre part, on notera un dernier titre particulièrement accrocheur.

C’est donc en bonne compagnie que cette première édition de la Kave Fest s’est ouverte. Sur les coups de 16h30, c’est au tour d’un groupe que l’on suit depuis un petit moment de prendre la relève. Épaulé pour l’occasion par le bassiste de Praetoria à la guitare, Gargantua délivrera son métal rabelaisien raffiné. Malgré quelques problèmes de son, ils présenteront leur EP Avant-Propos. Comme à leur habitude, le bassiste fera le show sur le devant tandis que son acolyte usera de pirouettes pour se saisir de son accordéon lors des moments opportuns. Creeping Fear, autre groupe que l’on suit, succédera. La brutalité de leur death metal bercera les voisins durant leur sieste. Cette fois, le volume semble être monté d’un cran. S’il faut être adepte du genre, les pogos démarreront véritablement durant leur set. À l’instar de plus gros festival, un drapeau breton fera son apparition, volera dans les airs et symbolisera la bonne humeur du concert. Après une petite heure de violence, il ne nous restera plus qu’à attendre la sortie de leur premier album.

Le temps passe vite et il est déjà l’heure d’accueillir une des formations attendues de ce fest : Inner Reflections. Fort de concerts en compagnie de Rise of the Northstar ou Heaven Shall Burn, le combo yvelinois commence à avoir de la bouteille et à se faire un nom chez les amateurs de la scène hexagonale. Logiquement, le jardin est donc à présent bien rempli. Dès le titre d’ouverture « Will You », le public adhérera et s’échauffera riffs après riffs. Le metalcore proposé se voudra puissant et accrocheur. Dans un cadre aussi intimiste, difficile de ne pas interagir avec la foule. Ainsi, le chanteur prendra le temps de communiquer et de réagir aux différentes invectives du pit. Après des titres forts comme « Sworn Enemy », un ultime morceau permettra de lancer une belle bagarre.

Après tant d’émotions, les Kaviens sont désormais bien agités et échauffés pour honorer les deux derniers groupes de la soirée. Malgré la venue des forces de l’ordre, le festival se clôturera dans de bonnes conditions et les fans de death metal moderne sauront en profiter. Autre formation du frontman de Gargantua, Chabtan instaurera donc un joyeux bordel en défendant son album The Kiss of Coatlicue. Dès le premier titre, un circle pit entre copains sera lancé et le set sera rythmé par les pogos. Sans aucun doute, la pelouse en aura fait les frais. On assistera donc à une petite heure d’une musique efficace, donnant l’envie aux curieux de l’écouter dans sa version studio. Pour finir en apothéose, The Dali Thundering Concept assumera son statut de tête d’affiche sur fond de djent bourrin. Un décor à l’effigie du dernier album sera installé, les breaks feront rage et ces derniers permettront aux plus furieux de se défouler. Ainsi, les slameurs s’envoleront à de nombreuses reprises. Sans être réellement fan du genre, force est d’avouer que ce fut une belle fin de festival !

22h marquera la fin des hostilités et ce sera, le sourire aux lèvres (tant pour les organisateurs, les artistes et le public), que les métalleux resteront sur place. Si on ne retiendra pas cette première édition pour la qualité du son, on aura apprécié le plateau proposé. À l’évidence, la scène hexagonale est riche. En marge des concerts, on aura noté la présence de Ponks Plectre, marque de médiators en os. Amis guitaristes et bassistes, on ne peut que vous conseiller de jeter un œil à l’art du monsieur ! Aussi, il faudra souligner la bonne organisation du bar et du stand de restauration dont l’accueil fut à l’image de l’ambiance du fest et dont les prix affichés sont bien plus corrects que le vol organisé lors des autres événements du même genre. Enfin, pour assister à de bons concerts, il faut un bon public. Sans aucun doute, la tenue exemplaire des festivaliers aura permis le bon déroulement de l’événement et de passer une journée d’une incroyable chaleur et d’une intense convivialité.

Pour conclure, Naked Society tient à remercier l’organisation de nous avoir conviés à cette première édition de la Kave Fest. La passion, la motivation et le courage de ces personnes montrent qu’il est encore possible de monter de beaux projets. En espérant que ce festival catovien de métal sera le premier d’une longue série, on vous dit MERCI !

Photos : Mouskito