A l’occasion de leur nouvelle line up, Kera est de retour sur scène après quelques mois d’absence. Ils investissent en compagnie de Eyestral et Across the Divide à la Cantine de Belleville, petit bar-resto qui offre une salle tunnel si on ose déjà descendre par un escalier qui semble proche des toilettes au vu de l’odeur et de la mare en fin d’escalier.

Le tunnel est éclairé par quelques lumières et la scène reste dans la pénombre. La sono est grinçante, il fait bien plus chaud qu’à la surface, on s’oxygène avec le carbone des autres : tu es dans un concert de Metal, donc fait ne pas ta chochotte, surtout pour cinq balles.

Kera ouvre le bal, étonnement. Une tête d’affiche qui se lance dans la cave directement c’est peu commun, mais il semble qu’il y a peu de réfractaire à cette timetable. La salle étouffe entre un public bien excité et une température en constante hausse, la fanbase est présente et se fait entendre dès la première chanson qui lance un pogo dans l’étroite cave. Kera enchaîne ses titres, comme le déroutant et surprenant Delusion et quelques inédits qui se battent en duel jusqu’à ce qu’une flûte s’invite au milieu du set, pourquoi pas.

 

Bien que Kera présente de très bons éléments individuellement, ils semblent se perdre un peu en live, sûrement dû à la nouvelle line up qui se cherche encore ? En tout cas, le rendu n’est pas aussi bon que l’on pourrait croire en studio et bien que la technique soit contrôlée et pleine d’entrain avec des solos affûtés et une présence sur scène au top, la cohérence du groupe est malheureusement perdu entre mélange des genres et une sono qui crache assez mal. Kera finit son set dans la bonne humeur et laisse la scène vacante.

 

Maintenant que Kera a enflammé la salle, on se demande comment sera la suite, surtout quand l’on voit la salle se vider. Pas de surprise, mettre la tête d’affiche en premier n’est jamais le bon plan pour les autres groupes, qui se défendent plutôt bien. Eyestral et sa bonne synergie offre un live puissant pour une quinzaine de personne, “Gloom as its Finest” est une surprise, introduit par une belle instru Jazzy, “un son zarbi” selon le chanteur. Eyestral est suivi par Across the Divide, un metalcore sans fioriture, pour clore cette soirée dont sa fin fut bien plus intimiste. Comme quoi, pas besoin d’énormément d’artifice et d’une salle comble pour passer une bonne soirée.