Every nigger is a star.

De quoi ça parle ?

Moonlight est adapté de la pièce de théâtre In Moonlight Black Boys Look Blue de Tarell Alvin McCarney. Réalisé par Barry Jenkins (qui a réalisé plusieurs courts métrages, le long métrage Medecine For Melcancoly et qui sera derrière un épisode de future la série Dear White People). Ce film nous montre la jeunesse et le passage à l’âge adulte de Chiron dans un quartier de Miami.

Le long métrage s’ouvre avec Every Nigger is a Star de Boris Gardiner. Cette entrée semble vouloir attirer notre attention sur la légitimité de l’existence des afro-descendants.

Plongé dans un quartier défavorisé de Miami, Chiron fait face à une violence quotidienne. Entre un climat de pauvreté et où la drogue se trouve être banalisée, le jeune garçon tente de se découvrir. C’est tout en subtilité que le film témoigne de la difficulté de grandir tout en faisant face à son identité. Surtout lorsqu’on est pas hétérosexuel. Pendant 1h51, Barry Jenkins prend son temps pour nous le raconter. Si bien que l’on est sensible à la tension quasi-constante qui se relâche dans de rare moment.

On dit que les actes signifient plus que les mots et Moonlight nous le prouve. En effet, le jeu des acteurs et la mise en scène délicate est pensée avec une temporalité qui rends la communication non-verbale puissante. Les sentiments et les liens qui se tissent entre les personnages deviennent palpable. Ainsi même si Chiron est avare en paroles, on suit et ressent son évolution. C’est sans tomber dans un sentimentalisme mièvre que ce film nous expose l’éventail des émotions que l’on ressent au cours d’une vie.

De plus, Barry Jenkins a su mettre en valeur l’innocence de l’enfance et le malaise adolescent avec Alex R.Hibbert et Ashton Sanders qui jouent Chiron lorsqu’il est enfant, puis jeune homme.

Ainsi on rencontre Paula, sa mère interprété par Naomie Harris (007 Spectre, Mandela : Un Long Chemin Vers la Liberté). De même, on croise Mahershala Ali (House Of Cards, Hidden Figures, Luke Cage…) qui incarne Juan et sa petite amie Teresa jouée par Janelle Monae (Hidden Figures).

Au final…

Moonlight effleure plusieurs questions de société sans imposer un débat. Il témoigne plutôt d’une réalité et la sympathie que l’on éprouve pour les personnages pousse nos interrogations. Le réalisme dont il fait état tiens de la nuance. En se plaçant au niveau de Chiron on nous rappelle que les individus n’obéissent pas à une règle manichéenne. Grâce à sa photographie léchée, une bande soin judicieuse et des acteurs rondement dirigés ce film impose avec délicatesse la force de son propos. L’année 2017 débute et il n’y a pas à douter que ce film se retrouvera dans les fameux top annuels.