Formé en 2011, Self-Inflikted est un groupe de deathcore originaire de Toulouse. Après un premier EP sorti en 2013 et quelques changements de line up, le quatuor s’apprête à dévoiler, en ce début d’année 2017, son second méfait intitulé L’Échec.

L’écoute d’Abused, leur première réalisation, faisait découvrir une formation pratiquant un death metal où quelques touches mélodiques se laissaient échapper. Avec L’Échec, Self-Inflikted propose un deathcore s’approchant de celui de combo comme The Black Dahlia Murder. Du moins, c’est l’impression ressentie avec le titre éponyme, ouvrant ce court voyage de vingt minutes. Chantés en français, les textes et l’ambiance générale de la chanson dégagent une noirceur certaine, évoquant la musique des Franciliens de 91 All Stars. Si le titre est efficace, il se distingue notamment par le featuring où le talentueux guitariste Sophian Alkurdi s’invite pour étaler sa technique.

Du deathcore, le quatuor en connaît tous les codes : breaks, blasts, alternance voix rauques / voix écorchées, tapping à foison et autres riffs accrocheurs… Sans être véritablement révolutionnaire, force est de constater que Self-Inflikted fait les choses d’une belle manière et on trouve, dans chaque titre, des éléments assez intéressants pour ne pas mettre fin à l’écoute. « Requiem » se distingue par un break de batterie presque martial et deux soli apportant une dimension supplémentaire à la musique. Tandis que les blasts de « Just Fuck » permettront de briser des nuques en live, le passage au piano, couplé aux arrangements, donnera un contraste à l’ensemble. Enfin, les riffs de « Spit my Hate » pourraient être encore plus assommants mais ne sont pas dénués d’énergie. Ces derniers laissent place à un passage en son clair sur lequel se posent des cris plaintifs et écorchés. Enfin, une belle idée vient clôturer cet EP. Interprété au piano par Quentin Graviou, un meddley reprenant les thèmes des quatre précédents morceaux nous fera presque dandiner sur des compositions de deathcore…

En somme, L’Échec n’est ni révolutionnaire, ni fade. Certaines idées pourraient être plus exploitées pour permettre à Self-Inflikted de se distinguer de la masse. Néanmoins, pour tout amateur du genre, l’écoute est facile, agréable et loin d’être ennuyeuse. Une chose est sûre : la musique proposée devrait trouver une audience réceptive en live et offrir, aux plus friands, un bon exutoire !

Par Simon.